L'année 2024 aura marqué un nouveau record historique pour l'assurance-vie. En effet, les encours de ce placement phare ont atteint un niveau sans précédent au dernier trimestre : 1985 milliards d'euros. Ce chiffre témoigne d'un véritable engouement des épargnants français pour ce produit financier, pourtant soumis à de nombreuses évolutions réglementaires ces dernières années.
15.1 milliards d’euros de cotisations
Les Français ont versé au total 15.1 milliards d’euros sur leurs contrats d’assurance-vie un mois avant la clôture de l’année 2024, tandis que ce placement enregistre 4 milliards d’euros de plus qu’ils n’en ont débloqué. Cela s’explique non seulement par le volume des versements engrangés au cours de l’année, mais aussi par la baisse des rachats et des versements en cas de décès (11% par rapport à 2023.
Les clés de ce succès : la hausse des taux d’intérêt des fonds en euros
Après plusieurs années de taux bas, l’assurance-vie réorganise son portefeuille obligataire à la suite de la correction des taux par la Banque centrale européenne (BCE) en 2023.
Rappelons que le contexte de taux bas qui a prévalu pendant plusieurs années a profondément transformé les stratégies d'investissement des assureurs-vie. Cependant, face à la politique monétaire restrictive de la BCE, les gestionnaires d'actifs des contrats d'assurance-vie se trouvent confrontés à un défi majeur : réorganiser leurs portefeuilles obligataires pour s'adapter à un environnement de taux plus élevés pour leurs portefeuilles en fonds en euros.
De plus, les assureurs investissent dans des obligations à plus long terme ; ainsi, les assureurs peuvent bénéficier de rendements plus élevés. Cependant, cette stratégie accroît la sensibilité du portefeuille aux variations des taux. Ces obligations permettent de bénéficier de la hausse des taux tout en limitant le risque de perte en capital en cas de baisse.
À noter que les obligations d'entreprises délivrent des rendements plus élevés que les obligations d'État, mais présentent un risque de crédit plus important.
Toujours est-il que la réorganisation des portefeuilles obligataires des contrats d'assurance-vie est un processus complexe et long. Les assureurs devront faire face à plusieurs défis, dont la volatilité des marchés, les contraintes réglementaires ainsi que les attentes des épargnants.
Quels sont les défis à venir et les perspectives pour 2025 ?
Si les rendements enregistrés en 2024 pour les fonds en euros sont de 2.8% à 3.6% en moyenne, ceux de 2025 pourraient fondre à nouveau avec la baisse des taux directeurs suite à la stabilisation du niveau d’inflation à 2.2%. Le taux de 2.7% pourrait s’établir à 1.9% pour 2025 selon les prévisions en ce qui concerne ces taux directeurs.
Une dynamique contrastée pourrait être relevée pour 2025, entre les contrats multisupports (dont les rendements attendus sont compris entre 3.30% et 4.52%) et la possible baisse de ceux des fonds en euros, allant de 3.5% en moyenne à 2%. Toujours est-il que la baisse des taux directeurs est une ouverture à la souscription à de nouveaux placements grâce aux perspectives d’emprunt, ce qui est favorable à la constitution d’un portefeuille diversifié.
Vigilance sur le rapport entre taux de rendement et taux d’inflation
Le lien entre le taux de rendement d'un investissement et le taux d'inflation est fondamental pour évaluer la performance réelle de votre assurance-vie. En effet, un investissement qui rapporte un taux inférieur à l'inflation entraîne une érosion du pouvoir d'achat. C'est pourquoi il est crucial pour les investisseurs, particuliers comme institutionnels, de maintenir une vigilance constante sur ce rapport. La formule à retenir est la suivante :
rendement réel = rendement nominal - taux d'inflation